C’est mon cousin, mais l’habit qu’il porte est le sien


Un jour Nasruddine  reçoit un cousin de la campagne qui comptait sur lui pour l’introduire auprès de ses amis et des notables de la ville dans laquelle il espérait bientôt s’installer. Cela tombait bien c’était un jour de l’Aïd et Nasruddine devait faire le tour de ses connaissances afin de leur présenter ses vœux. Cependant ils se sont vite rendus compte que le cousin de campagne devait se trouver un habit qui sied à cette circonstance. Nasruddine lui prêtât un bel habit et ils partirent tous les deux rendre visite à plusieurs personnes , dont le Cadi et d’autres notables, que Nasruddine était fier de présenter à son cousin. 
« Je viens vous présenter mon cousin , cria Nasruddine à ses hôtes en arrivant , mais l’habit qu’il porte est le mien. « 
Le cousin s’en trouva très embarrassé et ne manqua pas d’en faire la remarque à Nasruddine lorsqu’ils ressortirent.  » Je tâcherai de faire attention dit Nasruddine à son cousin pour le rassurer » . 
Lors de la visite suivante Nasruddine tacha de faire attention.  » Je viens vous présenter mon cousin , dit-il, mais je tiens à vous prévenir, l’habit qu’il porte est le sien ». 
Le cousin était très en colère .  » Mais que faut-il dire ? Protesta Nasruddine ».  » Tout simplement rien. Personne ne nous a rien demandé ! « 
Nasruddine promit d’être vigilant. A la troisième visite , Nasruddine toujours étourdi commença par lancer  » je viens vous présenter mon cousin, dit-il, mais son habit… heu…  » avant de rajouter  » oui c’est vrai il ne faut pas que l’on parle de l’habit !  » . 
 
Lorsque nous engageons une conversation nous pouvons sans nous en rendre compte donner mille détails, indications, connotations, qui sont sans rapport avec le contenu de l’échange mais néanmoins intéressant et révélateurs pour celui qui sait y prêter attention. Lorsque cette attitude est encore plus explicite elle aboutit aux gaffes et dérapages ordinaires dont beaucoup de politiques nous ont habitué. Nous sommes souvent surpris que des personnes expérimentées puissent avoir ces sortes de dérives ou expressions malheureuses , qui sont les seules choses que l’on finit par retenir. Tout le monde connaît par ailleurs les fameuses phrases :  » je ne suis pas raciste , j’ai même des amis qui sont ( juifs, arabes ou noirs , ou d’autres  , au choix , selon différentes cultures et perspectives )  » .